autoescape.com
Sélectionner une page

Face à l’indice élevé de pollution hivernale en Île-de-France, les autorités ont décidé d’appliquer le système de circulation alternée. En l’espace de 20 ans, c’est la quatrième fois que ce dispositif est instauré. Mais force est de constater que la circulation alternée  ne produit pas l’effet escompté : celui d’amoindrir cette pollution due aux particules fines (PM10).

Une mesure qui n’est pas respectée par tous

Un nombre élevé d’automobilistes franciliens ont décidé de déroger à la circulation alternée. Mardi 6 décembre, premier jour d’application de cette mesure, la préfecture de police a compté plus de 1745 verbalisations. Selon Le Parisien, 24,1% des automobilistes circulant en Île-de-France étaient des fraudeurs. Les choses ne se sont pas arrangées mercredi puisque le réseau SNCF a subi d’importantes perturbations. Bien que les transports en commun aient été exceptionnellement mis à disposition gratuitement, certains franciliens ont préféré encourir les 22 euros d’amende au lieu de risquer les retards des RER B et RER D.

circulation-alternee

© Le Figaro

Un impact controversé sur la qualité de l’air

Il est évident que la restriction n’a pas été considérée par tous. Au lieu d’engendrer une baisse sur le trafic, le dispositif a même occasionné des bouchons. Si les embouteillages enregistrés sur l’axe Ile-de-France gravitent généralement autour de 265 kilomètres, ils ont atteint les 375 kilomètres dès le premier jour.

Airparif constate que l’efficacité de ce dispositif déjà contesté par les automobilistes est loin de l’objectif initial. Les véhicules occasionnant le plus de pollution sont toujours en circulation. Restreindre les véhicules en tenant uniquement compte de leur immatriculation s’avère ainsi quasi-inutile. Mercredi, la concentration en PM10 a connu une baisse à peine perceptible. Mais Airparif qui se charge de surveiller la qualité de l’air n’attribue pas ce résultat à l’instauration d’une circulation alternée.  Le trafic a baissé de seulement 5 à 10%. En mars 2014, cette réduction était de 18%, ce qui a fait chuter l’indice de PM10 de 6%. Cette année, l’impact n’a même pas pu être estimé.

pic-embouteillages

Pic d’embouteillages au 06/12 – Copyright LeFigaro

 De trop nombreuses dérogations

Les véhicules qui servent au covoiturage peuvent circuler aussi librement que les hybrides, les voitures électriques et autres modèles qualifiés de « propres ». Evidemment, les véhicules prioritaires comme les ambulances et les forces de l’ordre dérogent à la règle. La liste des exceptions inclut aussi les taxis, les véhicules immatriculés hors France, les engins de voirie, une « poignée » de professionnels (dont les journalistes)… On comprend pourquoi la circulation alternée est considérée par les franciliens comme une non-solution contre la pollution.